Metzo Djatah: Roots Acoustikeur 09/19/2009
BIOGRAPHIE Convaincu que la musique africaine ne doit pas s’arrêter à perpétuer sous des orchestrations modernes les musiques traditionnelles, Metzo Djatah n’est pas un griot. Il fait partie de cette nouvelle scène africaine qui va puiser partout son inspiration et qui se réclame de la nouvelle culture urbaine africaine issue du métissage planétaire. Après avoir dérouté la scène musicale sénégalaise avec son album « Diembering » dont le titre éponyme a connu un succès sans précédant depuis « Tajabone » de Ismaël Lo, Metzo Djatah nous reviens avec un nouvel album résolument engagé vers l’avenir. Loin d’être un remake du précédent, cet album, murit pendant 5 années, est une nouvelle expérience aussi bien personnelle pour l’artiste que musicale. C’est l’album d’un retour au pays natal mais aussi l’album des rencontres musicales. En effet, enregistré à Dakar dans un studio spécialement monté à cet effet (studio Djuwatt) Metzo a tenu à travailler seul dans un premier temps afin de mettre en place toute l’ossature générale de ces différentes compositions. Dans un deuxième temps il fait participer une dizaine d’artistes africains et occidentaux au gré de ses rencontres dans Dakar et dans l’Hexagone. Ceci pour apporter une nouvelle touche dans sa musique et créer un nouveau pont entre sa culture urbaine et ses racines traditionnelles. Ce qui donne quelque chose d’inédit en termes de sonorité tant différents feelings viennent compléter le style déjà affirmé de l’artiste : la Urban Afro Folk. Sur cet album, l’inspiration de Metzo va de la kora malienne de Salif Keita aux voix africaines ou Rn’B, des guitares d’ Ismaël Lô aux sabars du mbalax si chers à Youssou Ndour, du balafon guinéen aux rythmes endiablés du djembés tous se fondent dans les influences jamaïcaines de la musique nouvelle de Metzo Djatah. Multi-instrumentiste - auteur - compositeur – arrangeur, Metzo fait presque tout : que ce soit la basse ou les percussions en passant par les guitares et les voix … L’originalité de cet album r epose sur des textes engagés, une diversité rythmique qui va du reggae en passant par le ska pour atterrir dans les profondeurs de la musique assiko Metzo explore sous une écriture affirmée des styles aussi diverses que variés. Sur cet album également l’artiste a misé sur les rythmes qui sur le précédent, plus intimiste, étaient juste suggérés. Ici elles sont jouées ce qui lui a permis de confirmer ses affinités avec les musiques anglo-saxonnes et le reggae. Pour écouter Metzo Djatah il faut se laisser porter et accepter de suivre l’artiste dans son univers : « Ma musique se réclame de cette Afrique qui n’ignore pas la marche du temps » INTERVIEW LES TEXTES ? Mes textes sont à l’image de ma perception du monde je crois fondamentalement que la musique doit dire, suggérer et ouvrir des univers à ceux qui l’écoutent et par conséquent qu'elle ne peut pas ne pas être engagée. Moi, mon engagement est social j’écris pour le peuple car je suis un homme du peuple, qui vit avec le peuple. C’est ce qui ressort d’une chanson comme « Mon idéal» un texte qui rime en al : « idéal », « Sénégal », « égal », «mental », « organisation sociale », ce sont des mots essentiels dans la vie du peuple… « Fils de patron »... oui, c’est un peu de la provoc', mais je ne vise personne en particulier. C’est une chanson que j’ai écrite il y a plus de 10 ans (1996). A l’époque j’étais étudiant et Wade n'étais pas président donc je ne parle pas du fils de qui que ce soit, c’est une situation universelle qui se rapporte plus à une réalité sociologique, au renouvellement des élites ; lisez le livre "les héritiers " de P. Bourdieu et JC Passeron… La provocation est une manière d’interpeller et de sensibiliser, c’est une de mes chansons préférée sur l’album… « Lion blessé » c’est un titre qui ne faisait pas partie du disque mais le texte est fort et colle à une certaine actualité, je l’ai donc mis en bonus avec une version à l’arrache. Donc niveau texte, il y a de l’engagement, de l’amour et de l’humour parce que c’est comme ça que je perçois la musique... LE STUDIO ET LES FEATURINGS ? Pour cet album j’ai voulu avoir quelque chose de plus produit, de différent de "Diembering", tant au niveau du son que du rythme. Je ne voulais pas être prisonnier d’un succès. J’ai voulu prendre un risque tout en restant moi-même dans mon style Urban Afro Folk. J’avais aussi le challenge, le désir de le faire moi-même et dans mon pays, dans mon quartier avec le marché, les bruits… malgré tous les problèmes j’adore mon pays. J’ai donc installé un studio aux HLM5 : « Studio Djuwatt » et j’ai travaillé pendant 2 ans sur les maquettes de cet album : j’ai tout fait la basse, les arrangements, j’ai même utilisé les bols et les cuillères de la maman du resto qui m’amenait à manger en percussion sur « Ska » et « Roots » (rires)… C’était des moments forts de trans-créative… Pour la finalisation du disque j’ai fait intervenir un réalisateur français avec qui j’avais déjà bossé sur "Diembering" qui a fait un excellent boulot. Je me suis vraiment éclaté à faire cet album ! Une dizaine d’artistes sénégalais ont apporté leur contribution au gré de mes rencontres dans les clubs dakarois ; des gens comme Daouda Gassama, guitariste qui a joué avec Youssou Ndour ; c’est un ancien que je respecte beaucoup pour son talent... La révélation de la chanson sénégalaise, signée chez Jololi, Pape Birahim « Paco sa rimbam », Prince Sakho de Pape Fall, Edouard le joueur de kora de Carlou D, un jeune talking drum de la famille de Assane Thiam : Djamil, Ndofene Diouf grand compositeur et guitariste à Dakar, Khadim Badji longtemps percussionniste de Souleymane Faye, Pape Souané guitariste de Pape Diouf, Mamy Ly, Roubia et Gina aux choeurs… beaucoup d’artistes ont apporté leur touche à cet album ; il y a aussi des musiciens de France comme Ivan Portet à la guitare, « mon frère blanc » qui était déjà sur « Diembering » et Laurent Lepagneaul’homme à tout faire. On a mixé en France et, en tant que producteur, je suis satisfait. J’aime cette manière de travailler… LA URBAN AFRO FOLK C’est comme ça que j’ai appelé ma musique et je pense que cet album est tout à fait dans le style Urban Afro Folk. Ma musique est urbaine teintée de mes racines africaines et casamançaises ça c’est sur !!! Mais Dakar est une ville cosmopolite, y grandir c’est subir des influences de partout ; ma musique s’est nourrit de tout ça et cette alchimie donne ce nouvel album. On dit que de tous les acoustikeurs du Sénégal je suis le plus proche du mouvement hip-hop reggae. Il ne faut pas oublier que je viens de là, pas en tant que chanteur, mais j’ai programmé et joué de la basse dans pas mal de groupes hip-hop et reggae en France. Cet album a beaucoup d’influences reggae ska mais aussi de la Casamance : des saouroubas de « Nou Mouy Démé » aux assikos de « Bebeyo ». C’est ça l’Urban Afro Folk !!! Sur « en passant » j’ai fait aussi un clin d’œil au grand Robert Marley (rires)... LE FRANÇAIS On dit aussi que je suis le plus francophone des chanteurs sénégalais, ils disent beaucoup de choses les journalistes (rires) ! C’est peut-être ça qui fait ma particularité… !? Contrairement à ce que disent mes détracteurs, je ne chante pas qu’en français. Souvent il y a du français et du wolof dans mes titres et même de l’anglais et l’espagnol, dans "skamania". Les rappeurs écrivent beaucoup en français mais c’est vrai que dans la chanson je suis un des rares à avoir fait un tube 100% français et à avoir imposé un style dans cette langue. Toujours est-il que c’est positif que mes textes arrivent à créer une émulation au niveau linguistique chez les jeunes. Il ne faut pas oublier que le français est la langue d’étude au Sénégal… tout le monde connaît mon engagement pour l’éducation en Afrique. Je pense qu’il faut des artistes différents pour gagner le combat de la diversité culturelle au Sénégal face à la monoculture due à la surconsommation du mbalax local. Cet album obéit a cette règle : il y a 50 pour cent de texte français. LA CHANSON « ROOTS » Okay, my history !!! C’est mon histoire en quelque sorte que raconte cette chanson ; mes études universitaires, mon expérience de l’émigration, mon état d’esprit par rapport à la musique et aussi ma philosophie de vie. C’est une chanson qui a marché avec le public dés le premier jour. Je l’ai jouée pendant 7 ans sur scène avant de l’enregistrer. Elle est à l’image de ce que vivent beaucoup de jeunes. Je veux être "roots" pour ne pas être le bourreau de mon propre peuple, garder mon esprit roots pour le respect de soi et des autres, bayefall parce que ce sont des valeurs sures, bien de chez nous. En dehors de toute considération religieuse et de tout fanatisme le bayefall est devenu un symbole qui véhicule des valeurs de renoncement, d’oubli de l’individualité au profit du groupe et de la spiritualité. Le travail dans la simplicité et le dévouement, c’est de ces valeurs que doivent s’imprégner nos dirigeants afin d’éviter certaines dérives. Ce repère identitaire peut être salutaire pour un jeune face au choc culturel de l’occident. Vous imaginez à 18 ans, seul dans une ville française, face au racisme, à la xénophobie et à la culture des banlieues… c’est aussi cela que l’on entend dans « les temps sont durs » donc c’est un état d’esprit la roots attitude. LE MOT DE LA FIN Alors c’est un album que j’ai eu beaucoup de plaisir à faire qui me correspond et j’espère que tous les fans de la Urban Afro Folk apprécieront. On prévoit une sortie en exclusivité à Dakar début 2èm trimestre 2009 avec du live bien sur tout le monde sait que je suis live avant tout ! Et on est en négociation avec des labels occidentaux pour la sortie internationale. Mais contrairement à beaucoup de mes collègues, ma priorité est en Afrique. C’est mon peuple que je dois conquérir d’abord alors le mot de la fin sera : inch’allah ! DISCOGRAPHIE w 2002 « Diembering » - M10 records / ASDprod - Sortie européenne w 2003 « Deugueul Mbeuguel » - ASDprod - Sortie sénégalaise w 2005 « Diembering hors série » – ASDprod - Sortie sénégalaise w 2009 « Roots Acoustikeur » – ASDprod - Sortie sénégalaise, puis internationale
Titre : Roots Acoustikeur Album 12 titres + 1 bonus track Enregistré entre le Sénégal (Studio Djuwatt) et la France (Studio Xdizzy) avec la participation de nombreux musiciens des 2 continents. Textes et musiques de Metzo Djatah Production : ASDprod « Roots Acoustikeur » de Metzo Djatah n’est pas seulement un album de musique. C’est un livre, une invite au voyage. Car Metzo Djatah est un nomade, un homme multiculturel. Il nous délivre les pérégrinations d’un jeune africain, ouvert et riches d’influences planétaires. Après le fameux « Diembering », voici son nouvel album qui s’ouvre à la mondialisation. Pour le comprendre, il faut connaître son parcours. Après son baccalauréat littéraire au lycée Lamine Gueye de Dakar, Metzo part étudier en France. Après l’obtention d’un 3e cycle, il renoue avec son amour de toujours, la musique (« Roots »). Après quelques années et 2 albums de haute facture (« Diembéring », »Deugeul Mbeuguel »), Metzo Djatah, à l’heure où les jeunes africains tentent de quitter le continent sur des embarcations de fortune, entame un retour aux sources. C’est au milieu du quartier populaire des HLM, où il a installé son studio, qu’est né l’album « Roots Acoustikeur ». Cet album est l’autobiographie d’un Boy Town qui commence dans les rues de Dakar, cette mégalopole, dernière terre occidentale africaine. La jeunesse s’y est inventé un mode de vie à mi-chemin entre les traditions et le monde moderne et Metzo Djatah en maîtrise parfaitement les codes. Il retrace l’esprit du Boy Dakar avec une poignante fidélité au rythme endiablé des Assiko Band. Le même assiko Band, qui nous berce au rythme de Bébé Yo. Et Metzo, nous racontant cette histoire, fait un clin d’œil à sa génération en important les rythmes latinos de la Lambada. Alors ressurgissent les souvenirs de ces jupettes s’envolant dans l’émission Génération 80. Le voyage continue... Sur les bords de la Lorraine, Metzo nous rappelle la condition des étudiants africains confrontés aux problèmes de la vie quotidienne : Le renouvellement du titre de séjour, la recherche de petits boulots, le retard dans le paiement des bourses, avec ce message fort : Ne pas perdre de vue l’essentiel : « obtenir ce pour quoi on est parti ». Car Doudou, Fatou, Mamadou, vous êtes l’espoir du développement. Metzo Djatah se trouve être un fin analyste de la situation économique, politique et sociale de son pays. Sous son regard averti, il constate les difficultés des sénégalais et la dégradation de leur niveau de vie. La jeunesse ne doit pas perdre espoir. Il lui semble essentiel de rappeler que le pouvoir n’est pas l’apanage d’une seule élite dynastique. Les Temps sont durs, et les Fils de Patron n’ont qu’à bien se tenir et compter sur leur travail et non sur leur naissance. Metzo est un artiste acoustique, ouvert au monde. Il nous emmène en Jamaïque revisiter et restaurer le Ska des années 60, les mariant avec bonheur aux rythmes hip-hop modernes et aux chants traditionnels de l’Afrique de l’ouest. Les pages du passeport se remplissent à l’écoute des titres font un détour en Espagne, en Loraine, au Brésil et à Diembéring, la source du djambadong. Tel est l’album « Roots Acoustikeur » de Metzo Djatah. TITRES Bebe Yo : Tous les hivernages, la jeunesse dakaroise, bouge au rythme des navétanes. C’est le temps des tournois de foot, des foureuls et des kassaks traditionnels. Le point commun : l’Assiko band. Metzo Djatah, en parfait Boy Dakar, nous replonge dans ces réminiscences de l’enfance dakaroise. Boy Dakar : Dans la foulée de « Bébé Yo », encore une facette de Dakar. Mégalopole déchirée entre traditions et modernisme. Les Boys Dakar et les Disquettes rivalisent d’espièglerie, d’étourderie et de style. Cette chanson est une véritable dédicace à chaque quartier de Dakar. Metzo nous replonge dedans… Dolecratie : La raison du plus fort n’est pas toujours la meilleure. Véritable appel à la sagesse, cette chanson rappelle au dirigeant qu’il n’est là que par et pour son peuple. Le pouvoir n’est pas une fin en soi. Et Metzo a raison de dire, sur un air musical qu’il est du devoir du Roi de se mettre au niveau de son peuple, sous peine de disparaître. Mon idéal : Cri du cœur d’un citoyen qui voit son pays sombrer dans une situation ubuesque. Metzo chante son idéal, celui de tous les immigrés déracinés qui veulent retourner au bercail, alors que ceux qui sont restés sur place n’ont qu’un but : se faire la malle. Metzo se demande si l’organisation sociale ne partira pas une deuxième fois, non pas à fond de cale, mais sur des pirogues de fortune. Doudou Fatou Mamadou : Trois prénoms pour représenter la jeunesse sénégalaise. Une chanson d’espoir, qui commence sur l’espoir assassiné. Thomas Sankara est parti, mais dans nos cœurs, le soleil brille et nous prendrons nos destinées en main. La Kora enracinée dans le sol africain rappelle simplement que le terreau du développement, c’est un retour aux sources. Niun Niar : L’amour est beau, mais c’est un terreau fertile qu’il faut arroser nuit et jour pour éviter qu’il ne se perde dans les méandres de la mésentente. Un titre avec un thème acoustique prépondérant bien dans la lignée musicale de Metzo Djatah. En passant : Hommage à nos sœurs étudiantes. Une facette de Metzo puisée au fond de ses souvenirs d’étudiant sénégalais à Nancy. Metzo a pas rencontré des sœurs, des battantes, de vraies guerrières dans ce pays difficile et qui cumulent les petits boulots comme les garçons. Nu mouy démé : Je t’aime, tu m’aimes mais ton père, ta mère et tes frères me rejettent et veulent me faire disparaître. Sur le thème de l’amour, Metzo dénonce les obstacles posés sur la route des amoureux par les familles ancrées dans des préjugés d’un autre siècle. Mais Metzo nous redonne encore le sourire avec ce djambadong de Casamance Roots : « Roots, je veux rester roots, garder mon esprit roots, tout le temps que je vivrais Baayfall ». Sur une ligne de basse langoureuse, rappelant les grands moments du reggae jamaïcain, voilà Metzo qui fait un flash-back sur sa vie : une génération déchirée entre l’amour de la l’art et la nécessité d’un travail. Fils de Patron : « Fils de patron, futur patron, me prend pas pour un con ». De prime abord, on penserait au président d’un pays africain qui tente de mettre son fils en orbite pour sa succession. Derrière cette image un peu trop évidente, Metzo Djatah dénonce tout un système. Avec intelligence, lucidité et malice, cette chanson de Metzo rappelle tout simplement que le monde est une roue et que nulle dynastie n’est éternelle. Skamania : Fameux Ska Jamaïcain, ancêtre du reggae. Titre très festif qui montre l’ouverture musicale de Metzo Djatah. Après le reggae « Roots », Metzo remonte le temps et ressuscite le ska. De Kingston, il nous emmène à Madrid puis à Bamako. Les temps sont durs : Metzo et la guitare, voila un mariage réussi. Dans la plus pure tradition acoustique, « les temps sont durs » peut sonner comme un titre sombre, mais les paroles sont là dans leur splendide positivité. L’album se referme sur la véritable déclaration d’amour. Amour envers cette musique, envers cette Afrique, envers ce peuple. Merci du voyage Metzo. Bonus - Lion blessé : C’est avec lucidité que Metzo Djatah affirme que le vieux lion est blessé dans son âme. Il a vendu sa crinière aux marchands d’illusions. Il est grand temps de se serrer les coudes, car c’est la seule manière de soigner le pays. Un titre enregistré à l’arrache car il ne pouvait pas ne pas boucler cet album. CommentsLeave a Reply |