Le Soleil - Une ville touristique verra bientôt le jour à Mbodiène. C’est le fruit d’un projet de partenariat de 195 milliards de francs Cfa entre la Société « Sapco » et le « Groupe Adonis »M. Ndiouga Sakho, le directeur général de la Société d’aménagement et de promotion des côtes et zones touristiques (Sapco) et Bernard Lonis, le président du groupe Adonis, ont signé, vendredi dernier, une convention de partenariat portant sur l’aménagement d’une nouvelle station touristique à Mbodiène. Les deux structures ont mis en place une société mixte « Destination Sénégal Sa » qui aura en charge la réalisation de cet important projet touristique d’un montant de 195 milliards de francs Cfa. 38 000 emplois directs et indirects attendus Le directeur général Sapco a estimé que l’exploitation de ce site « accroitra les capacités d’accueil « dans une perspective de développement d’un tourisme durable ». Bernard Lonis, le président du groupe Adonis, a assuré qu’avec cette nouvelle infrastructure, le Sénégal pourra accueillir un million de touristes supplémentaires. Il a émis l’idée de développer un tourisme mixte entre les Iles Canaries qui accueillent chaque année, 10 millions de touristes, en proposant à leurs clients de passer quelques jours à Mbodiène. « L’expérience capitalisée par notre groupe ne pourra qu’enrichir le projet de Mbodiène », a estimé M. Lonis. Les retombées attendues sont nombreuses. Ce projet générera 38. 000 emplois directs et indirects. Des infrastructures haut de gamme seront édifiées sur le site, avec un bâtiment hôtelier de 6.000 chambres divisé en deux parties : une zone réservée aux touristes de marque avec des hôtels de catégorie cinq étoiles et une zone avec des hôtels quatre étoiles. Le site abritera également un complexe sportif comprenant un terrain de golf de 27 trous, un centre équestre, un stade olympique avec une piste d’athlétisme aux « normes de l’IAAF », une école de formation aux métiers du tourisme, un parc d’attraction et des espaces commerciaux. Une zone résidentielle sera construite sur le site. Le site sur lequel sera érigé l’édifice s’étend sur 300 hectares. Ndiouga Sakho a indiqué que les 175 milliards de Fcfa permettront la réalisation des infrastructures tandis que les 20 milliards sont destinés à l’aménagement de base. Bernard Lonis a indiqué que ce projet entre dans le cadre de la politique d’expansion du « Groupe Adonis ». « Ce projet contribuera énormément au développement des activités du groupe », a-t-il commenté, en se félicitant de la stabilité du Sénégal mais également de sa position géographique stratégique qui le rapproche de l’Amérique, de l’Europe. Mamadou GUEYE Add Comment Walfadjri - Parce que les Sénégalais ne font pas attention aux petits gestes et jettent les ordures n’importe où et n’importe comment, le président de la République les invite à une prise de conscience pour rendre la capitale propre. Il a lancé cet appel avant-hier, à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle gare maritime internationale de Dakar. Profitant avant-hier de l’inauguration de la nouvelle gare maritime internationale du Port autonome de Dakar, le président de la République a invité les Sénégalais à revoir leurs comportements de salubrité. Avoir vivement exprimé sa grande préoccupation face à l’usage abusif des emballages en plastique, lors de la réunion du Conseil des ministres du 6 mai dernier, et demandé au gouvernement de réfléchir sur des mesures appropriées pour arrêter l’utilisation de ces emballages en plastique qui dégradent notre environnement, causent des désagréments aux populations et menacent sérieusement le cheptel, le chef de l’Etat s’en est, cette fois-ci, ouvert directement aux populations pour une meilleure prise de conscience sur cet aspect.Après avoir visité le nouveau bijou du port et constaté le parfait entretien du navire Aline Sitoe Diatta, Wade qui avoue avoir vu sa crainte d’insalubrité se dissiper, a mis à profit ce rassemblement de personnes pour les inviter à suivre le pas. ‘J’ose espérer que ce bâtiment sera maintenu propre. Car, nous autres Sénégalais, nous n’avons pas que des qualités, nous avons aussi des défauts. Nous ne faisons pas toujours attention aux petits gestes’, a déclaré le chef de l’Etat. Dénonçant le jet des sacs de plastiques n’importe comment dans les différents endroits de la ville, Me Wade invite les populations à plus de vigilance dans la propreté des lieux publics comme cela se fait au Rwanda, en Suisse et en Ouganda où règnent, selon ses dires, une propreté extraordinaire. ‘Nous Sénégalais, nous devons être capables de faire la même chose. Pour une fois, nous ne sommes pas les premiers dans la propreté. Parce que nous n’avons pas conscience du geste qui consiste à jeter n’importe quoi par terre. Le monde a changé, nous sommes des milliers à vivre ensemble. Les maladies sont nombreuses et se transmettent par toutes les voies. Nous devons penser à tout cela, faire un effort sur nous-mêmes et éviter de jeter par terre des papiers, morceaux de bananes ou n’importe quoi’, ajoute le président de la République. Rappelant les efforts consentis par le gouvernement pour mettre des poubelles dans les lieux publics afin que les personnes puissent y mettre des ordures, le chef de l’Etat fait remarquer ‘qu’on ne peut pas mobiliser des agents de police ou des gendarmes derrière les citoyens. Nous devons nous-mêmes jeter ces objets dans les paniers aménagés pour cela. Nous devons faire en sorte que nos futurs hôtes qui visiteront le Sénégal, puissent rentrer chez eux en citant le Sénégal comme un pays propre’, soutient le président Wade. Pour qui tout le monde doit être la police de la propreté pour faire de Dakar une ville propre. Et pour réussir cette invite à la propreté, Wade a lancé un vibrant appel aux femmes qui, selon lui, peuvent permettre de relever le défi de faire de Dakar en particulier une capitale très propre. ‘Je compte sur les femmes, car je sais que si elles réussissent, les autres vont suivre’, signale le chef de l’Etat. … annonce l’arrivée de deux nouveaux bateaux Le chef de l’Etat Me Wade qui présidait avant-hier l’inauguration de la nouvelle gare maritime, a annoncé que l’Etat a commandé deux nouveaux bateaux pour la liaison maritime Dakar-Ziguinchor afin de désenclaver la Casamance qui constitue une de ses priorités. ‘Le bateau Aline Sitoe Diatta contribue à désenclaver la Casamance. Car cela constitue une de mes priorités. Et je vous annonce pour ceux qui ne savent pas déjà que nous avons commandé deux autres bateaux comme Aline Sitoé Diatta’, annonce le chef de l’Etat qui a publiquement exhorté le ministre de l’Economie maritime, de la Pêche et des Transports maritimes, Khouraïchi Thiam, à accélérer la livraison de ces bateaux. En outre, citant les réalisations dans le domaine maritime depuis la survenue de l’alternance avec notamment la réforme du code de la marine marchande avec la création de l’Agence nationale chargée des affaires maritimes Anam), la construction et la mise en service du navire Aline Sitoé Diatta, du navire baliseur Samba Laobé Fall, la construction de pontons, entre autres, le président Wade a instruit le ministre de l’Economie maritime pour que les travaux des ports maritimes de Saint-Louis, Kaolack et Ziguinchor commencent le plus rapidement possible. ‘Je voudrais que les travaux du port de Saint-Louis qui est un projet de l’Organisation de la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs), qui regroupe, outre le Sénégal, le Mali et la Mauritanie, démarrent le plus vite possible’, ajoute-t-il. Magnifiant la construction de la gare maritime internationale, dont l'objectif est d'assurer une exploitation du trafic maritime de passagers, en adéquation avec les conditions et standards de navigation internationale et surtout pour accompagner l'Etat du Sénégal dans l'élan de sécurisation des voyageurs avec la mise en service du nouveau navire Aline Sitoé Diatta, assurant la liaison maritime Dakar-Ziguinchor-Dakar, le président de la République souligne qu’elle est un élément fondamental dans son grand projet de port du futur africain. Mieux, il pense que le Sénégal doit être placé sur la rampe du développement durable en ce qui concerne les infrastructures malgré le contexte de crise mondiale et les difficultés d’origine exogène. ‘Ma volonté, avec l’aide de Dieu, est de faire en sorte que les générations futures n’aient pas à se préoccuper de la question des infrastructures en leur laissant des routes de qualité internationale, des ponts partout où il en faut, des ports et des aéroports de qualité’, indique le chef de l’Etat. La nouvelle gare maritime internationale que Wade inaugurait, a coûté 1,6 milliard de francs Cfa. Elle a une capacité d’accueil de 800 passagers et a été construite sur un site d’environ un hectare avec un édifice construit sur une superficie de 1 800 mètres carrés, bâti sur deux niveaux et surmonté d’une charpente métallique aux formes arrondies qui se déploie sur trois travées. Seyni DIOP VELINGARA - Relance de la filière coton au Sénégal : Un objectif de 60 000 tonnes de coton fixé 05/13/2010
Le Soleil - La révélation a été faite par le Directeur général de la Sodéfitex , Mohamed Bachir Diop assisté de son staff en présence de M. Moussa Sabaly, président de la FNPC et du PCR Mamadou Bayo, lors du séminaire/ bilan organisé mardi dernier a Linkering ( chef lieu de CR) de localité située à 67km de Velingara / dans l’ arrondissement de Bonconto Ce fut l’occasion pour les différents acteurs de faire un diagnostic sans complaisance de l’ état des lieux, puis situer les responsabilités et dégager des pistes de solution pour la relance de la culture du coton au Sénégal.Au cours des débats, les acteurs ont suggéré que les mauvais payeurs soient désormais sanctionnés pour éviter la cassure morale dans la caution solidaire. Aussi ont-ils sollicité la diminution du prix des intrants tout en déplorant la mauvaise répartition de la pluviométrie dans le temps et dans l’espace. Celle-ci a provoqué des poches de sécheresse dans les zones emblavée. C’est un facteur négatif qui a causé la baisse de la production cotonnière durant ses dernières campagnes au Sénégal. Le Directeur général de la Sodefitex remarque une production commercialisée de 18 000 tonnes seulemen. Celui-ci avait, auparavant, dégagé le profil de l’opération coton dans toutes ces composantes puis apporté des précisions aux problèmes soulevés, rappelant, au passage, l’engagement du chef de l’Etat dans la relance de la filière coton au Sénégal. Il a aussi annoncé l’augmentation du prix aux producteurs fixés à 195 francs le kg, avant d’inviter tous à s’inscrire d’avantage dans cette dynamique unitaire de mobilisation sociale pour atteindre les objectifs sur le terrain, au grand bonheur des populations. PAPE A. DIOP Le soleil - En Afrique subsaharienne, le Sénégal est le pays qui alloue le plus de financement à l’Enseignement supérieur. La prise en charge d’un étudiant revient à l’Etat à 990.000 FCfa par an, selon l’expert de la Banque mondiale, Atou Seck. Il affirme que l’institution financière apportera son concours au Sénégal dans sa politique de réforme de l’Enseignement supérieur.« Le Sénégal dépense 990.000 FCfa par étudiant. Il dépense 18 milliards de FCfa pour les bourses nationales et 8 milliards pour les bourses extérieures », révèle Atou Seck, qui faisait la communication sur le thème : « Revue des dépenses publiques de l’Enseignement supérieur 2005 et 2008 ». Selon lui, le Sénégal fait ainsi partie des pays qui allouent le plus de financement à l’Enseignement supérieur, alors que les universités ougandaises et ghanéennes couvrent la moitié de leurs besoins sur fonds propre. « Le Sénégal alloue 1,2 % de son Pib à l’Enseignement supérieur, alors que les autres pays au sud du Sahara accordent 0,6 % de leur Pib. Les dépenses de l’Etat pour le secteur ont augmenté de 9,3 % par an entre 2005 et 2008 », renseigne l’expert de la Banque mondiale, Atou Seck. Même si cet investissement n’est pas aligné sur les priorités, il a permis de relever le taux d’adultes sénégalais ayant fait des études universitaires. « Le savoir détermine la différence entre la pauvreté et la richesse. 4 % des adultes sénégalais ont des diplômes d’études supérieures », fait savoir son collègue Jamil Salmi. Revoir les méthodes d’enseignement La Bm compte appuyer le Sénégal pour rendre l’Enseignement supérieur efficace et efficient. « La Banque mondiale nous apportera son aide dans l’introduction des LMD pour l’amélioration de la qualité de l’Enseignement supérieur, la réforme de la gestion et le financement et l’introduction des Tic. Elle nous aidera à concevoir une stratégie de réforme de l’Enseignement supérieur à long terme », révèle le directeur de l’Enseignement supérieur, le Pr Pape Guèye. Au Sénégal, une bonne partie du budget est destinée aux actions sociales. De l’avis de Jamil Salmi, les budgets doivent accorder plus d’importance à l’utilisation des Tic, soulignant que dans les années à venir, tout va se structurer autour des Tic. « Nos universités doivent revoir leur système d’enseignement. Nous ne pouvons pas bourrer les crânes des étudiants comme on le faisait il y a quelques années. Il y aura de moins en moins de cours en salle et plus de cours virtuels, de cours en ligne », avertit Jamil Salmi. Le spécialiste de la Banque mondiale invite les universités africaines à instaurer les bases d’un système interactif de transmission de savoir. « Nous devons revoir nos méthodes d’enseignement. Il faut un apprentissage interactif, un apprentissage en équipe », insiste l’expert. Idrissa SANE Le Soleil - La Radio télévision du Sénégal (Rts) a honoré ses travailleurs méritants, samedi dernier. Le directeur général, Babacar Diagne, a levé le voile sur les nouveaux défis de l’entreprise lors de la cérémonie présidée par le ministre d’Etat, ministre de la Fonction publique, du Travail et des Organisations professionnelles, Zakaria Diaw, et le ministre de la Communication et Porte-parole du Gouvernement, Moustapha Guirassy.La Radio télévision du Sénégal (Rts) a sacrifié une fois de plus à la traditionnelle cérémonie de décoration de ses agents. L’esprit d’une telle fête est d’éveiller le culte du travail bien fait, d’une part, et d’inciter les jeunes ou les autres à s’inspirer des décorés. « Ces médailles sont les résultats d’un dévouement et d’une abnégation constants dans l’exercice de vos professions respectueuses. Elles servent d’exemples et font de vous des modèles à suivre et à prescrire aux jeunes et aux futurs travailleurs en termes de comportements, de discipline et de conscience professionnelle », fait remarquer le ministre d’Etat, ministre de la Fonction publique et des Organisations professionnelles, Zakaria Diaw. La cérémonie de décoration a repris ses droits après quelques années de suspension. Le travail entrepris par la nouvelle direction a ouvert une page de certitudes pour la Rts. « Il y a quelques années, on était au fond de l’abîme. Aujourd’hui, les capacités managériales, les relations humaines du directeur général, Babacar Diagne, ont fait rebondir l’entreprise et l’ont amenée à ce point », souligne le directeur des Ressources humaines, Mamadou Lo Ndiéguène, qui s’est réjoui de la présence du directeur général du quotidien national Le Soleil, Cheikh Thiam. A l’esprit managérial, le directeur général, Babacar Diagne, a relevé le sacrifice consenti par tous les agents pour replacer la Rts sur les marches de la performance. « Tout se fait de façon collégiale à la Rts. Le directeur n’est qu’un chef d’orchestre. Les travailleurs de la Rts ont le sens inné du service et du devoir. Les agents font preuve de beaucoup d’abnégation au quotidien pour faire leur travail », a laissé entendre Babacar Diagne. Au juste, le ministre de la Communication et Porte-parole, du Gouvernement, Moustapha Guirassy, fait écho de l’émergence des principes essentiels de la viabilité de toute entreprise. « Le travail que vous avez abattu a produit la culture de l’entreprise. Beaucoup d’entreprises naissent. Elles ont des moyens. Mais elles ne parviennent pas à construire et à bâtir la culture de l’entreprise. Sans cette culture, l’entreprise n’a pas d’âme. L’entreprise éclate », souligne le ministre Moustapha Guirassy qui se félicite que la Rts soit de plus en plus associée au professionnalisme et à la qualité. « Vous avez réussi le changement de mentalité. Le sentiment d’appartenance à la Rts est à magnifier », note le ministre Moustapha Guirassy. La remise à flot de l’entreprise pose l’urgence de maintenir les acquis. Ici, les agents et les administrateurs se préparent à se conformer à l’ère du temps. Par conséquent, ce basculement et la prise en compte de toutes les potentialités économiques et de la diversité culturelle du pays requirent des moyens importants. « Le premier défi, c’est le financement. C’est à la Rts, au Soleil, et à l’Aps de prendre tous les potentiels économiques, socioculturels de ce pays. Le volet financier est important pour qu’on puisse jouer notre rôle de service publique », s’exprime le directeur général de la Rts, Babacar Diagne. Le financement de l’audiovisuel est nécessaire pour assurer sans anicroche le passage à l’ère du numérique. La diffusion analogique ne sera plus de vigueur à partir de 2015 à travers le monde. « Le deuxième défi, c’est celui de la technologie. C’est une décision mondiale, nous passons au numérique. La Rts en tant que chaîne africaine se prépare à ce saut. Nous avons déjà une bonne partie de nos équipements qui sont en numérique. Nous nous préparons à ce saut technologique », soutient le directeur général, Babacar Diagne. Faudrait-il aussi ajouter la nécessité de rompre avec des comportements qui déparent avec les réalités actuelles d’une entreprise de presse du service public. « Nous partageons le 3e défi avec le Soleil. Ce n’est pas normal que dans une entreprise de presse que l’on se considère comme des fonctionnaires, comme des personnes qui sont dans l’administration. Il faut que les personnes sachent qu’on est dans une entreprise de presse. Cela veut dire que nous devons avoir une culture d’entreprise, de la compétitivité, de la qualité », énumère Babacar Diagne. Idrissa SANÉ Esclavage : les vérités du Pr Thioub 05/09/2010
Le professeur d'histoire de Dakar qui séjourne à l'Institut d'études avancées rompt avec quelques idées reçues.En scientifique averti, Ibrahima Thioub ne s'ennuie pas de circonvolutions pour parler de l'esclavage dont on célèbre le 162e anniversaire de l'abolition. Le professeur d'histoire sénégalais qui s'est installé pour trois mois à l'Institut d'études avancées de Nantes, affiche aussi une vision contemporaine très instructive. Vous travaillez depuis dix ans sur la question de l'esclavage. Que retenez-vous de vos recherches ? Ibrahima Thioub : « La première chose qui me frappe c'est la confusion que l'on fait entre esclavage et traite. Dès que l'on parle esclavage, on se rapporte à une intervention extérieure sur l'Afrique. C'est simplificateur. On réduit l'Afrique à un bloc naturel sur lequel agit l'Europe à partir du XVe siècle. Comme une chose. Or, l'esclavage est un phénomène d'une complexité incroyable. Il date de l'antiquité. Il est universel. Et en Afrique, il est conduit par une classe dirigeante qui contrôle les états, cherche à s'enrichir et procède à des pillages de villages. Les esclaves sont d'abord les exclus du pouvoir politique : des paysans qui ne possèdent pas les ressources pour racheter les membres de leur famille capturés lors des razzias et vendus aux compagnies européennes, les états et seigneurs de guerre contre l'alcool, les armes, le fer, les tissus ». L'élite africaine a facilité la traite ? « La classe dirigeante met en place une économie de prédation fondée sur une connexion à l'économie atlantique qui joue alors un rôle de fournisseur. Bien sûr, la responsabilité des puissances occidentales, dont la France, est écrasante et première dans la traite. Mais on ne peut ignorer que des élites africaines prédatrices ont facilité ce trafic et ne peuvent pas être exonérées. Cet engagement ne relevait point d'une contrainte inévitable ». Ces mécanismes ont-ils encore une influence ? « C'est la seconde observation que je tire de mes recherches : l'héritage culturel et social très fort que les traites ont laissé en Afrique. On dit que le passé éclaire le présent. C'est le présent qui me permet aujourd'hui de comprendre le passé. En Afrique les zones de tension sont toujours dans les espaces où se découvrent et s'exploitent des ressources naturelles comme le pétrole. Ces ressources sont capturées par une élite qui les envoie à des grandes entreprises occidentales en échange des bolides que l'on voit circuler dans nos capitales. Et pendant ce temps-là, les petits producteurs africains sont à la rue pour vendre des cartes de téléphone et finissent par s'entasser dans des pirogues de fortune pour rejoindre l'Europe ». On recommence ? « C'est la nouvelle traite des esclaves avec livraison à domicile ! Et les nouveaux négriers sont les pétroliers européens, les grosses entreprises qui usent des mêmes mécanismes qu'avant. Leurs acolytes les états africains et leurs gouvernants gavés de produits d'aucune utilité pour les populations. La guerre civile que vient de vivre le Congo n'a jamais été une bataille d'ethnies comme on le dit souvent, mais une guerre du pétrole manoeuvrée par l'Europe ». Et la contestation n'est jamais venue ? « Depuis plusieurs siècles, les Africains ont su prendre des initiatives. Chaque siècle, des mouvements ont proposé des alternatives fortes mais pas forcément visibles parce que très peu mises en évidence par la recherche. À chaque fois, des leaders ont pu mobiliser les populations, parfois sans armes. C'est cet héritage qu'il faut remettre en mouvement. Le terreau est là. Il manque les leaders. Et quand un leader émerge, on le tue ou on l'intègre dans un système dominant. Ce système dont le symbole premier est l'obésité affichée comme signe d'aisance sociale ! » Où est l'espoir alors ? « Il n'est pas perdu. Ces alternatives se trouvent aujourd'hui dans le discours des groupes de musique de la jeunesse porté par le mouvement critique hip-hop, dans la culture cinématographique, littéraire. Nantes peut soutenir ces groupes, ces voix des sans voix, qui maintiennent le flambeau vivant contre les logiques de la prédation pour passer du champ culturel au champ citoyen et politique ». Recueilli par J-D Fresneau Presse-Océan Afriquejet.com - Dakar, Sénégal - Le président sénégalais Abdoulaye Wade a annoncé vendredi, l'imminence du vote de la loi sur la parité entre hommes et femmes dans toutes les assemblées électives et les sociétés nationales. S'exprimant à l'ouverture officielle de la 9ème édition de la Biennale de l'art africain contemporain de Dakar (Dak'Art 2010), marquant également le 20ème anniversaire de ladite manifestation et qui va se prolonger jusqu'au 7 juin, le président Wade a affirmé : "Aujourd'hui, nous sommes à un moment qui constitue un tournant pour notre pays, car l'Assemblée nationale va bientôt voter la loi sur la parité hommes-femmes". Selon lui, cette loi va s'appliquer à toutes les assemblées électives, à savoir : l'Assemblée nationale, le Conseil économique et social, le Sénat, les conseils municipaux et ruraux et les conseils d'administration de toutes les sociétés à dominante comptables de l'Etat. Cette loi s'inscrit dans une logique de donner plus de représentativité à la gent féminine, car depuis quelques années, le Sénat compte 40 pour cent de femmes, et l'Assemblée nationale, un peu moins, a rappelé le président Wade. Dakar - Pana 08/05/2010 Blog.lefigaro.fr - C’est comme cela que l’on nous avait présenté le Sénégal avant le départ en Juillet dernier. Plusieurs documentaires et articles semblaient confirmer la chose.Après une réalité bien différente découverte au Moyen-Orient en début d’année, il est renversant de rencontrer ici des familles « mixtes » dans lesquelles catholiques et musulmans vivent sous le même toit. Gérard a une cinquantaine d’années et fait partie de la chorale de la paroisse. Ses parents sont pourtant tous les deux musulmans, son père a trois femmes et ses frères et sœurs sont tous musulmans. L’Islam que confessent au Sénégal des confréries comme les Mourides n’est pas fondamentaliste. La conversion à une autre religion est acceptée. Impossible d’ailleurs de distinguer une chrétien d’un musulman : très peu de personnes portent le voile. « C’est mon oncle » explique Sœur Bernadette, ursuline, « qui m’a poussé et encouragé dans ma vocation ». Il lui écrivait, la conseillait, la comprenait alors qu’il est musulman. L’histoire n’est pas très différente chez Abbé Théo, dont une partie de la famille est catholique. Son oncle Bernard n’y voit rien de compliqué : « J’aime bien les catholiques car ce sont des personnes honnêtes et bien élevées ». Et il est évident pour lui que chrétiens et musulmans prient le même Dieu. Quel est le plus important dans sa religion ? « Aimer son frère, faire du bien, rendre des services, être généreux ». Il semble que l’infime minorité catholique se mélange bien avec l’immense majorité musulmane. Quelques exceptions obscurcissent pourtant le tableau. A Tivaouane, il n’y a pas d’église. Alors qu’elle allait être inaugurée un journaliste musulman intégriste de Dakar s’empare de l’affaire. Il fait du battage et les esprits s’échauffent. L’évêque et le marabout craignent des violences et arrêtent tout. Le gouvernement rembourse les frais au diocèse et y installe une école. Les abbés de Pandiénou viennent chaque Dimanche à Tivaouane célébrer le messe… dans une famille. A Louga, plus au Nord, un autre abbé l’a mauvaise : « Quand on dit que ca se passe bien ici avec l’Islam, c’est qu’on fait beaucoup de concessions ». Dans un village voisin, les catholiques ont obtenu de la mairie et des marabouts le droit de construite une église après des tractages répétés mais « pas en centre ville, en périphérie ». ... Joow - Le premier GPS qui parle wolof 05/08/2010
Journalducameroun.com - Par Idriss Linge - Ils souhaitent voir une résolution adoptée à ce propos, lors de la prochaine assemblée générale de l’ONU Une résolution des nations unies contre l’excision Des parlementaires de 27 pays africains ont appelé mardi l'ONU à instaurer en 2010 une "interdiction universelle" des "mutilations génitales féminines", au terme d'une conférence consacrée à l'excision à Dakar. La déclaration finale appelle la 65e Session de l'Assemblée générale des Nations-unies à adopter une résolution solennelle qui interdise les mutilations génitales féminines dans le monde, selon un communiqué publié à l'issue de la conférence interparlementaire. Les participants ont exhorté les gouvernements africains ainsi que la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest, la Communauté des State de l'Afrique de l'Est et l'Union africaine, à porter et faire adopter cette résolution en 2010. Cette conférence était organisée conjointement par le ministère sénégalais de la Famille, l'association internationale No Peace Without Justice et l'Organisation sénégalaise La Palabre. Pratique culturelle controversée, l’excision rencontre de nombreux détracteurs qui considèrent la pratique comme une atteinte à l’intégrité physique et à l’intimité des femmes. Une décision courageuse Selon des observateurs joints à Dakar, l’appel lancé par ce réseau de parlementaires et d’organisations non gouvernementales est très courageux. En mai 2009, une affaire judiciaire impliquant les pratiques d’excision avait animé les débats. Dans certaines communautés de ce pays la pratique de l’excision n’est pas considérée comme un problème, au contraire. La mise en examen des parents qui avaient excisé leur fille de quatre ans avait déchainé les passions. Certains religieux musulmans trouvent que l’Etat sénégalais mène une politique deux poids deux mesures au Sénégal. Il y a des choses beaucoup plus graves et indécentes qui sont pratiquées au Sénégal et qui sont indignes. Il s'agit notamment de la consommation de l'alcool, de la prostitution qui est aujourd'hui légalisée dans le pays, du phénomène des jeunes qui fument la cigarette et du chanvre indien. Autant de choses qui devaient être non autorisées et que nous autres imams dénonçons avec la dernière énergie, a déclaré dans une interview un dignitaire musulman sénégalais. Une lutte de tous les jours Les mutilations génitales féminines concernent toutes les interventions incluant l'ablation ou la lésion des organes génitaux externes de la femme, pratiquée pour des raisons culturelles ou religieuses. Chaque année, trois millions de filles sont excisées en Afrique. Voilà la déclaration faite en ouverture de conférence par la représentante locale du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), Rose Gkuba. Elle citait un rapport de l'ONU. La pratique est combattue en raison des multiples atteintes aux droits de l’homme qu’elle entraine. Plusieurs pays en Afrique ont recours à cette pratique, dont certain à près de 83%. Selon un rapport de l’organisation des nations unies pour l’enfance, seulement 13 pays sur les 28 dans lesquelles se pratique l’excision ont une interdiction légale formelle. Les experts affirment d’ailleurs, qu’en raison de son caractère culturel et traditionnel, l'excision ne peut pas seulement se voir opposer le droit. La complicité des familles et des proches rend cette lutte législative sans effet direct. Cette approche n'est possible qu'une fois les mentalités éclairées. La lutte contre l’excision fait partie des grands programmes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Unicef. Cette dernière a même fait du 8 février la «Journée internationale de tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines». De nombreux traités internationaux évoquent également l'interdiction de l'excision et des mutilations sexuelles féminines en général. |