Walf Fadjri - Pour ce qui est de la formation des cadres, le Sénégal, dont les autorités se targuent toujours d’avoir les meilleures ressources humaines du continent, est à la traîne au niveau de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). En effet, sur les 330 auditeurs formés jusqu’ici par Gpe-Abidjan pour la formation longue durée (1 an) en gestion des politiques économiques, le Sénégal n’en compte que 22 agents formés, se classant de facto à la 7e place dans l’Uemoa. Pis, des 194 autres auditeurs formés dans les séminaires de formation internationaux, qui durent 4 semaines, il n’en a que 5. Ce qui, en rapport avec les ambitions d’émergence du Sénégal, affichés à l’horizon 2015, semble insuffisant. Pour le directeur du programme, Docteur Paul Seca Assaba, cette faible participation sénégalaise pourrait s’expliquer par le fait que les cadres du pays ne sont pas suffisamment informés de l’existence de programme ou ne peuvent pas la subir parce que leur administration ne peut les envoyer en formation pendant une année.Pour Souleymane Barry, agent au Programme sectoriel justice, qui a subi la formation, l’apport de Gpe est énorme par rapport au renforcement de ses capacités. ‘C’est un programme très pratique. Il y a peu de théorie, et ce sont des professionnels très aguerris qui viennent dispenser les cours dans le cadre d’un partage d’expérience’, soutient-il. Non encore reclassé, Barry déclare que si d’ici deux ans, il n’arrive pas à valoriser ses acquis, il essaiera d’aller voir au niveau des autres ministères afin de les y valoriser pour avoir un plan de carrière au niveau de la fonction publique. Dans cet ordre, Paul Seca Assaba déclare qu’une enquête réalisée par le programme sur l’ensemble de ses diplômés montre qu’au niveau de la mobilité, 75 % des diplômés ont changé de fonction du fait des nouvelles compétences acquises et 51 % ont changé d’institutions. Néanmoins, le directeur du programme demande aux Etats de les utiliser efficacement afin d’éviter la fuite de ces cerveaux et donner l’envie à d’autres d’accepter de se faire former. ‘De façon générale, le reclassement après la formation a été immédiat pour 40,3 % des auditeurs tandis que pour 3,2 % d’entre eux, il s’est opéré à moyen terme. En revanche, 43,5 % des auditeurs issus du programme n’ont pas encore été reclassés. Et sur les auditeurs reclassés immédiatement ou à moyen terme, seulement 41,9 % ont obtenu des avantages financiers dus au reclassement’, regrette-t-il.