La mobilisation ne faiblit pas contre les autorisations de pêche accordées aux navires russes. A quelques jours du départ définitif de ces derniers des eaux sénégalaises, le Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (Gaïpes) maintient la pression sur l’Etat. Selon Saer Seck et ses camarades, l’opération autour de ces autorisations de pêche accordées aux navires entraîne des dommages collatéraux énormes pour l’économie sénégalaise et, en particulier sur les acteurs du secteur.
En effet, révèle le président du Gaipes, « si cette opération se poursuit, le Sénégal risque de se voir retirer l’agrément à l’exportation vers l’Union européenne. » Le cas échéant, ce serait un coup « fatal » à l’économie sénégalaise si l’on, ajoute M. Seck, « que la pêche est le premier poste d’exportation du Sénégal.» A ce sujet, les membres du Gaipes n’ont pas manqué d’exprimer leur étonnement de voir l’Etat, vouloir leur faire porter le chapeau en les accusant de pratiquer des pêches « illicites » et non réglementaires dites INN, interdites par l’Ue. Une vélleité qui n’a pas prospéré selon Saer Seck qui indique que les experts de l’Union européenne auraient pointé du doigt l’Etat comme « responsable ».
L’autre danger dans cette histoire, aux yeux des industriels pêcheurs sénégalais, « ce serait de ne plus en parler et que cette situation perdure avec des conséquences qui seront subies par les acteurs de la pêche d’abord et les sénégalais en général. » Ce qui risque d’être le cas eu égard à la convention qui a été ébauchée par la commission mixte sénégalo-russe. Face à cette perspective, le Gaipes et les pêcheurs artisanaux entendent faire un large front pour combattre « avec la dernière énergie », cette convention car, dit Saer Seck, « si ça passe, ce sera la catastrophe pour la pêche sénégalaise et nous ne l’accepterons pas ! »
Par ailleurs, les membres du Gaipes se sont étonnés « des contradictions entre les chiffres avancés par le ministre de l’Economie maritime et son directeur des pêches, qui a d’ailleurs été remplacé.
Rappelant les propos du Ministre Khouraïchi Thiam qui avait annoncé 5 milliards de francs Cfa pour le trésor public contre des autorisations pour une quantité de 300.000 T à pêcher, Saer Seck brandit un bilan qui a été dressé par l’ex- directeur qui parle de 40.000 T pour un montant de 600 millions de FCfa. Un montant jugé « dérisoire » par rapport au préjudice que nous avons subi sur la ressource halieutique.
Un bilan que d’ailleurs les acteurs ont vite fait de balayer d’un revers de la main, en s’appuyant sur la capacité des navires russes qui est estimée à 300 T par jour, pour un volume de 7000 Tjb par bateau ( selon Saer Seck, les 18 bateaux réunis font moins de 5000 Tjb). Multiplié par 14 bateaux qui ont effectivement péché sur les 21 autorisés, « le préjudice est énorme ». Mais malgré tout, « loin de se glorifier des résultats obtenus après les différentes mobilisations dissuasives », le Gaipes se dit ouvert à un dialogue franc sur l’avenir de la pêche au Sénégal. « C’est un mauvais feuilleton pour le Sénégal et la pêche sénégalaise, il faut l’arrêter par la mobilisation et appeler à une discussion franche. Car la pêche au Sénégal se fera par les sénégalais », a réitéré M. Seck. Toutefois, ce dialogue ne semble pas pointer à l’horizon. Car contrairement à ce qui se disait au cours de la semaine écoulée, les contacts sont « rompus » depuis janvier entre les acteurs et la tutelle.




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