Sudonline.sn - Les autorisations de pêche accordées aux navires russes risquent de coûter au Sénégal son agrément à l’exportation vers l’Union européenne. Le départ imminent des dits navires russes ne fait pas pour autant désarmer les acteurs artisanaux et industriels de la pêche au Sénégal qui ruent dans les brancards pour dénoncer une convention entre le gouvernement du Sénégal et la fédération de  Russie. Regroupés dans une large coalition, ils ont tenu ce vendredi 22 juillet, une conférence de presse pour alerter l’opinion et sonner la mobilisation.



La mobilisation ne faiblit pas contre les autorisations de pêche accordées aux navires russes. A quelques jours du départ définitif de ces derniers des eaux sénégalaises, le Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (Gaïpes) maintient la pression sur l’Etat. Selon Saer Seck et ses camarades, l’opération autour de ces autorisations de pêche accordées aux navires entraîne des dommages collatéraux énormes pour l’économie sénégalaise et, en particulier sur les acteurs du secteur.

En effet, révèle le président du Gaipes, « si cette opération se poursuit,  le Sénégal risque de se voir retirer l’agrément à l’exportation vers l’Union européenne. » Le cas échéant, ce serait un coup « fatal » à l’économie sénégalaise si l’on, ajoute M. Seck, «  que la pêche est le premier poste d’exportation du Sénégal.» A ce sujet, les membres du Gaipes n’ont pas manqué d’exprimer leur étonnement de voir l’Etat, vouloir leur faire porter le chapeau en les accusant de pratiquer des pêches «  illicites » et non réglementaires  dites INN, interdites par l’Ue. Une vélleité  qui n’a pas prospéré selon Saer Seck qui indique que les experts de l’Union européenne auraient pointé du doigt l’Etat comme « responsable ».

L’autre danger dans cette histoire, aux yeux des industriels pêcheurs sénégalais, « ce serait de ne plus en parler et que cette situation perdure avec des conséquences qui seront subies par les acteurs de la pêche d’abord et les sénégalais en général. » Ce qui risque d’être le cas eu égard à la convention qui a été ébauchée par la commission mixte sénégalo-russe. Face à cette perspective, le Gaipes et les pêcheurs artisanaux entendent faire un large front pour combattre « avec la dernière énergie », cette convention car, dit Saer Seck, « si ça passe, ce sera la catastrophe pour la pêche sénégalaise et nous ne l’accepterons pas ! »
Par ailleurs, les membres du Gaipes se sont étonnés « des contradictions entre les chiffres avancés par le ministre de l’Economie maritime et son directeur des pêches, qui a d’ailleurs été remplacé.

 Rappelant les propos du Ministre Khouraïchi Thiam qui avait annoncé 5 milliards de francs Cfa pour le trésor public contre des autorisations pour une quantité de 300.000 T à pêcher, Saer Seck brandit un bilan qui a été dressé par l’ex- directeur qui parle de 40.000 T pour un montant de 600 millions de FCfa. Un montant jugé « dérisoire » par rapport au préjudice  que nous avons  subi sur la ressource halieutique.

Un bilan que d’ailleurs les acteurs ont vite fait de balayer d’un revers de la main, en s’appuyant sur la capacité des navires russes qui est estimée à 300 T par jour, pour un volume de 7000 Tjb par bateau ( selon Saer Seck, les 18 bateaux réunis font moins de 5000 Tjb). Multiplié par 14 bateaux qui ont effectivement péché sur les 21 autorisés, « le préjudice est énorme ». Mais malgré tout, « loin de se glorifier des résultats obtenus après les différentes mobilisations dissuasives », le Gaipes se dit ouvert à un dialogue franc sur l’avenir de la pêche au Sénégal. «  C’est un mauvais feuilleton  pour le Sénégal et la pêche sénégalaise, il faut l’arrêter par la mobilisation et appeler à une discussion franche. Car la pêche au Sénégal se fera par les sénégalais », a réitéré M. Seck. Toutefois, ce dialogue ne semble pas pointer à l’horizon. Car contrairement à ce qui se disait au cours de la semaine écoulée, les contacts sont « rompus » depuis janvier entre les acteurs et la tutelle.


 


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08/07/2011 00:28

Moustapha THIAM, directeur de la pêche maritime : « Les exportations vers l’Union européenne ne sont pas menacées »

Aucune menace ne pèse sur l’agrément du Sénégal pour l’exportation de ses produits de pêche vers l’Union européenne, a indiqué le directeur de la pêche maritime qui souligne que notre pays dispose d’un système contraignant de délivrance des autorisations.

Face à la presse hier, Moustapha Thiam, directeur de la pêche maritime, a démenti la rumeur faisant état d’une menace de retrait de l’agrément du Sénégal par l’Union européenne. « Au moment où je vous parle, le Sénégal n’a pas reçu une information sur une éventuelle suspension de son agrément d’exporter des produits halieutiques vers l’Union européenne », a-t-il assuré. Cette sortie du directeur de la pêche maritime intervient après celle du Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (Gaipes) qui avait déclaré récemment que l’Union européenne pourrait retirer l’agrément accordé à notre pays. « La réalité est tout autre », a déclaré Moustapha Thiam.

Evoquant les autorisations accordées à des navires pour pêcher les espèces pélagiques, M. Thiam a révélé que l’opération a rapporté plus de 850 millions de francs pour plus de 50.000 tonnes de capture, sur un stock de 1,5 million de tonnes. Le directeur de la pêche maritime a souligné que ces poissons migrent des côtes nord africaines jusqu’au Golfe de Guinée. « Ce sont des espèces migratoires, et le Sénégal a jugé nécessaire de profiter de cette manne comme le font des pays comme la Mauritanie », a aouté M. Thiam. Donc, il « n’est pas nécessaire de faire du bruit » autour de ces autorisations. Il a révélé que deux missions de l’Union européenne ont séjourné dans notre pays, la première a délivré son satisfecit. Le Sénégal avait accordé au mois de janvier dernier des autorisations à douze navires étrangers pour pêcher au large les espèces pélagiques. « Ce sont des endroits où les pêcheurs artisanaux ne peuvent pas aller », a précisé Moustapha Thiam.

Ces accords qui sont arrivés à leur terme depuis le mois de juin ont été toujours dénoncés par le Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (Gaipes). M. Thiam a assuré que le Sénégal est très exigent dans la délivrance des autorisations de pêche et dans la surveillance. Interpellé sur les pêcheurs disparus en haute mer, le directeur de la pêche maritime et son collègue Matar Sambou ont indiqué que les recherches se poursuivent et d’importants moyens sont mobilisés pour les retrouver.

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